Ophélie – volontaire française en Hongrie

Ils l'ont fait

Ophelie in front of the Liberty BridgeBonjour,

 

Je m’appelle Ophélie et j’étais volontaire pour la fondation MediaGo, située au coeur de Budapest, en Hongrie. Ma mission consistait à étudier la recherche d’emploi des jeunes en Europe, comme la façon dont les jeunes perçoivent cette période de leur vie, leurs espoirs, leurs différentes façons de chercher du travail, la pression sociale autour d’eux, etc. C’était très enrichissant, surtout quand on est soi-même confronté à une situation similaire.

Voici mon témoignage:

1.  Le SVE, a-t-il changé quelque chose dans ta vie ? 

Être volontaire, c’est quelque chose qui m’était déjà familier : j’avais fait un Service Civique dans ma région deux ans avant. Mais partir en tant que SVE, c’était une sensation unique. On se met en danger, on abandonne tout et on part recommencer sa vie ailleurs, dans un contexte radicalement différent. En Hongrie, j’ai énormément changé, ne serait-ce que mon envie d’évasion, qui est toute neuve : je n’ai plus peur de m’envoler vers des contrées lointaines, juste comme ça, sans prévoir. (le dernier grand voyage, c’était la Californie)

Et l’anglais aussi, le maîtriser m’a permis une plus grande ouverture sur le monde. Nous les Français sommes vraiment mauvais en langues étrangères… Alors pouvoir parler couramment et (presque) sans accent, c’est devenu un véritable plus. J’ai aussi cette impression que je suis une autre personne. Je me sens concernée par l’Europe, ce qui n’était pas une sensibilité que j’avais au départ, et je ne souhaite plus me limiter à mon pays d’un point de vue professionnel.

Mais le plus important, c’est que j’ai le sentiment de me connaître beaucoup mieux. Je relativise beaucoup, je suis encore plus ouverte d’esprit.

2. Qu’est-ce que tu fais maintenant, après ton SVE ? Est-ce que c’est grâce au SVE ?

En rentrant, il m’a fallu trois jours pour retrouver un travail dans le monde du journalisme. Je travaille dans les journaux locaux de ma région. C’est un métier que je faisais déjà avant de partir à Budapest. Cependant, In Szimpla Kert, the most famous ruin bardepuis peu, j’aspire à monter un projet européen. Grâce au SVE, j’ai eu l’occasion d’entrer en contact avec des gens qui travaillent pour l’Europe, et c’est petit à petit que je bâtis mon réseau.

Conseillerais-tu de faire un SVE et surtout pourquoi ?

Bien sûr que je le conseille ! Le SVE est une expérience extra pour quelqu’un qui n’a jamais eu l’occasion de voyager. Soudain, vous avez des ailes ! C’est rassurant de se dire que, même si on n’a pas eu la possibilité (ni l’argent) de partir en Erasmus, il y a toujours cette option. Et tout le monde peut le faire ! Si, bien évidemment, chacun a la patience de dénicher la mission qui lui convient.

3.  Quelle a été la chose la plus positive pendant ton SVE ?  Y-a-t-il eu des points négatifs ? Lesquels ?

Ce qui m’a marquée, ce sont les moments où j’ai osé m’intégrer à une communauté de Hongrois. Comme je fais de la salsa, j’ai pris des cours dans un club de danse de Budapest où personne – ou presque – ne parlait anglais. C’était un vrai défi, pour moi, car ça m’a forcée à comprendre la langue (qui, par ailleurs, est très difficile) et à m’adapter. La consécration, ça a été quand j’ai pris mon sac à dos et que je suis partie en stage de danse au bord du lac Balaton. J’étais seule pendant trois jours parmi 150 Hongrois et je me suis bien amusée !Selfie in front of the Parliament

Concernant le négatif, c’était surtout de voir que beaucoup de mes camarades en SVE n’avaient pas tout le confort que j’avais. Beaucoup étaient mal logés, avec des missions sans but, certains n’avaient même pas leur argent de poche à temps ! On sentait vraiment que les associations profitaient du système européen pour se faire de l’argent, au détriment des volontaires qui, eux, devaient faire avec les moyens du bord pour s’en sortir.

4.  Aurais-tu des conseils pour des futurs volontaires ?

Prenez le temps de chercher votre mission, car elle importe bien plus que le pays où vous souhaitez aller. C’est dommage de se sentir inutile parce qu’on a choisi un projet mal cadré, dans une association qui ne fait pas grand cas de vous.

Pour être sûr(e) de ne pas vous tromper, demandez un maximum d’informations sur vos conditions de vie (logement, argent de poche, nourriture), cela vous évitera bien des déboires. Je me dis qu’il vaut mieux refuser à l’avance un projet plutôt que de vivre une mauvaise expérience.

Dans tous les cas, il faut être patient quand on postule, mais persévérant. Et il faut aussi se méfier des missions avec des départs de dernière minute. Vérifiez, toujours !

Si vous vous apercevez que votre mission ne correspond pas à l’offre, mais qu’il est trop tard puisque vous avez déjà posé vos valises, alors profitez-en pour vous investir dans la vie locale. Proposez vos services à une autre association, participez à des événements, travaillez sur un projet personnel… Et voyagez. Parce que c’est le moment… ou jamais !

Ophelie in front of the Liberty Bridge5.  Penses-tu encore souvent à ton SVE ? Est-ce que tu es encore en contact avec des gens que tu as rencontré pendant ton volontariat ?

Je pense souvent à mon expérience SVE, en effet. Parfois, quand ma vie en France me semble un peu trop lourde à gérer, je me remémore cette année en Hongrie et je me sens mieux. J’y avais vécu des instants de pur bonheur, tant et si bien que, parfois, je m’arrêtais dans une rue de Budapest et je me disais « là, tout de suite, je suis heureuse ».

L’air de rien, le retour à la réalité est un peu violent : vous avez tellement changé que votre premier réflexe, c’est de tout envoyer valser et de repartir à nouveau. Ce que j’ai fait, en un sens, lorsque j’ai pris un vol pour la Californie un mois après mon retour… mais je suis partie pour mieux revenir.

Je suis aussi restée en contact avec mes amis restés là-bas, et je suis d’ailleurs revenue les voir en mai dernier. J’essaye de garder nos amitiés vivantes, même si ce n’est pas facile. La vie continue pour nous tous, mais tant qu’on sait qu’on se reverra au gré de nos voyages, ce n’est pas un problème.

6.  Choisis trois mots pour décrire ton SVE.

Autonomie, bonheur, évolution.

7.  Quel a été ton endroit préféré dans ton pays d’accueil ?

Il y a cet endroit, à Budapest, qui me manque toujours énormément : la vue depuis le milieu du pont Marguerite. On est au-dessus du Danube, on peut embrasser du regard le Parlement, le pont des Chaînes et le château royal… Et c’est encore plus beau de nuit. J’en ai fait un croquis sur l’un de mes carnets de notes.

Voici:

* Le lien du blog que ma binôme et moi alimentions sur notre projet de SVE : mediago-evs.blogspot.fr

* Le lien vers les vidéos de ma web-série : feedback-baby.blogspot.fr

Ophélie.

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